Dans un froid glacial en Pologne, les négociations démarrent avec pour but, l’opérationnalisation de l’Accord de Paris.

Dans un froid glacial en Pologne, les négociations démarrent avec pour but, l’opérationnalisation de l’Accord de Paris.

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Du 2 au 14 décembre 2018, se tiendra la 24ème Conférence des Parties (COP24) à la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques à Katowice en Pologne pour la troisième fois après Varsovie en 2013 (COP19) et Poznań en 2008 (COP14). Ce qui fait un bilan de 4 fois un pays européen comme hôte durant les six dernières années.

La Pologne est loin d’être le bon élève en matière de lutte contre les changements climatiques. Il suffit de souligner que le charbon représente 80% de son mix électrique. De plus, son plan pour mettre en œuvre l’Accord de Paris à l’échelle nationale appelé ‘’Forest Carbon Farms’’ est très critiqué car ce dernier ne permet pas de réduire la dépendance aux énergies fossiles et pour certains scénarios, cette démarche pourrait se montrer économiquement plus couteuse que d’investir dans des mesures technologiques de réduction des émissions.

 Pour rappel, une session spéciale précédent ce rendez-vous annuel a eu lieu du 4 au 9 septembre à Bangkok en vue d’avancer sur les thématiques clés et surtout le ‘’Paris Rulebook’’ ou la feuille de route de l’Accord de Paris. Finalement, le bilan des réunions était mitigé.

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Sur l’échelle globale, plusieurs régions et pays du monde sont dépendants de mécanismes efficaces et appliqués dans la réalité. En effet, le risque de dommages irréversibles s’aggrave jour par jour, avec des émissions qui sont en train d’agrandir davantage. Ainsi, les efforts et les réponses nécessitent d’être renforcés. Comme l’est démontré Antonio Guterres, secrétaire général des Nations Unies, lors de l’ouverture de la COP 24, il est tout à fait important d’intégrer et une dimension scientifique et un volet socio-économique afin de satisfaire notre responsabilité commune dans l’action climat :

A Katowice, l’objectif primordial est de finaliser la Feuille de route ou les règles de mise en œuvre de l’Accord de Paris car, sans ces dernières, l’Accord ne serait qu’une coquille vide. En effet, l’Accord de Paris précise ce qu’il faut faire mais pas comment le faire. Ainsi, la Feuille de route apportera de la crédibilité, de la clarté et plus de transparence à l’Accord de Paris afin qu’il devienne opérationnel dès 2020.

D’ailleurs, selon le World Resources Institute, 67 Contributions Déterminées au Plan National (NDC) de l’ensemble des Contributions soumises (représentant 44% des émissions mondiales) manquent d’informations permettant de mesurer comment les Plans permettront-ils d’atteindre les objectifs préétablis. Cela revient essentiellement au fait que la préparation des NDC était basée sur une approche pragmatique en l’absence de règlements bien définis sur l’élaboration de ces Plans Nationaux.

Faut-il le rappeler, la trajectoire de l’ensemble des NDC ne nous ramène pas vers une limitation de la température moyenne à 2°C voire 1.5°C comme cité dans l’Article 2 de l’Accord de Paris, mais plutôt vers une trajectoire de réchauffement supérieure à 3°C. Pour cette raison, le ‘’Paris Rulebook’’ est très attendu car il est censé clarifier aux Parties signataires comment préparer les NDC, les actualiser, comment communiquer les efforts dans l’atténuation et l’adaptation et le suivi des flux financiers. En gros, il va transformer l’Accord de Paris en de véritables actions d’une manière juste et efficace. 

Ce ‘’rulebook’’ devrait aussi respecter et incorporer les principes fondamentaux de l’Accord de Paris qui sont les Responsabilités Communes mais différenciées et les Capacités Respectives. Dans une mesure complémentaire, le document devrait assurer l’intégrité environnementale et le respect des droits de l’homme et l’égalité des sexes comme le stipule le préambule de l’Accord de Paris.

La question de Financement est comme d’habitude le sujet épineux qui refait surface à chaque conférence.  A deux ans seulement de l’échéance de 2020, il sera sujet de trouver des pistes pour compléter la mobilisation des 100 milliards de US dollars annuels qui seront alloués des pays développés aux pays en développement. Jusqu’à présent, nous sommes encore loin de la cible et la répartition n’est pas équitable comme elle devrait l’être entre l’adaptation et l’atténuation. Si dans quelques rapport, on essaye de nous rassurer que nous sommes sur la bonne voie, la réalité est beaucoup plus compliquée.

Les différentes échéances de finalisation du ‘’rulebook’’, ou d’avancement sur la question de financement, font de la COP24, la Conférence la plus importante depuis 2015 (COP21) qui s’est conclue avec l’adoption de l’Accord de Paris. En effet, la détermination internationale connue à Paris ou tout simplement l'‘’esprit de Paris’’, s’est amoindrit  lors des dernières années à cause entre autres du retrait des Etats Unis de l’Accord comme annoncé par le président américain Trump en 2016. Cet épisode risque de se répéter avec l’ascension au pouvoir au Brésil d’un autre climato-sceptique, Jair Bolsonaro qui entrera officiellement en fonction le 1er janvier prochain. Bolsonaro a déjà fait savoir qu’il comptait retirer le Brésil de l’Accord de Paris. Il a également fait plusieurs déclarations menaçantes envers la forêt amazonienne, les militants écologistes et les populations autochtones. D’ailleurs, il a choisi pour son gouvernement, une pro-pesticides à la tête du Ministère de l’Agriculture, un admirateur de Trump et un climato-sceptique pour le Ministère des Affaires Etrangères et un ultralibéral à l’Economie.

Récemment, le Brésil a officiellement renoncé à l’accueil de la COP25 l’année prochaine alors qu’il était le seul candidat à l’organiser. Le Costa Rica, le Chilie ou bien le Nicaragua pourrait se proposer comme pays hôte.

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Le bureau de notre Fondation à Tunis sera présent à travers son coordinateur de programme ''Ecologie et la Gouvernance des Ressources Naturelles''. Nous soutenons également la participation de quatre représentants de notre partenaire RAJ –Tunisie ainsi qu’une journaliste tunisienne de l’organisation Climate Tracker.

La délégation officielle tunisienne sera composée d’environ une cinquantaine de participants entre délégués, officiels, experts, chercheurs, activites et représentants d’ONG tunisiennes. Il y a ceux qui participent pour la première semaine, la deuxième ou bien les deux à la fois.

Le défi est d'améliorer la présence de la Tunisie en matière de ressource humaine afin de garantir la couverture le plus possible de réunion. Dans la même optique, il est nécessaire de s'activer pour consolider notre la position de la Tunisie dans les groupes de négociations auxquels elle fait partie comme celui des pays africains et le groupe G77 avec la Chine.

Cette année, le travail des tunisiens à la COP24 a été réparti en 4 grands groupes de travail. Il s'agit de groupe sur l'Adaptation, groupe sur l'Atténuation (NDC), groupe sur le Financement et le groupe sur la Transparence.

La société civile tunisienne aura un rôle important dans la COP24 pour suivre les négociations, appuyer la délégation officielle et bien relayer les progressions.

Parmi les Side-events officiels de la Tunisie lors de la COP24, il y aura un événement sur l'engagement national dans la stratégie de développement à bas carbone en Tunisie (LEDS) prévu le lundi 3 décembre au Spodek. La stratégie est en cours de préparation et a été discutée lors de deux ateliers de concertation avec les OSC sur la préparation d'un Guide qui va facilter le développement de la Stratégie.

La première matinée était déjà mouvementée avec l'adoption des différents agendas. Ce qui annonce des négociations houleuses durant les deux prochaines semaines.

 

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