2. Les Communs en bref

En Bref

Ces définitions sont basées sur l’article de David Bollier, « The Commons, short and sweet » (Les communs, en bref) publié en 2011

http://www.bollier.org/commons-short-and-sweet

Le communs est un système social de gestion des ressources à long terme, qui préserve les valeurs communes et l’identité collective.

Les posidonies séchées, répandues sur l’ensemble du jardin de Dar Emmima, permettent de combattre les effets de la sécheresse. Crédit : Driss Rejichi

Le mode de vie au sein du paradigme des communs priorise la protection ainsi que l’amélioration de l’environnement et des ressources, garantissant la transmission de ces dons aux générations futures, afin que ces dernières puissent en profiter et les préserver à leur tour.

Les communs forment un système autoorganisé à travers lequel les communautés gèrent des ressources (épuisables et renouvelables), avec une intervention minime, voire nulle, du marché ou de l’État.

Les communs confondent les rôles des producteurs et des consommateurs. Ils créent et échangent la valeur, de manière active, selon leurs besoins particuliers. 

La richesse dont nous héritons ou que nous créons ensemble, et que nous devons transmettre à nos enfants sans l’altérer ou l’améliorer. Notre richesse collective comprend les dons de la nature, l'infrastructure civique, les œuvres et les traditions culturelles, ainsi que les savoirs.

La durabilité est un pilier central du commoning

Un secteur de l’économie (et de la vie !) qui crée de la valeur, suivant des méthodes qu’on tient souvent pour acquises – et souvent menacées par le Marché-État.

Pensons, par exemple, au travail de soin, tels que le travail domestique non rémunéré ou le travail reproductif (Pour en savoir plus, on peut consulter les travaux de Silivia Federici). Le travail non-humain, à l’instar de la fertilisation du sol par les microorganismes, nous permettant de cultiver des légumes sains. Le Marché-Etat dévalorise ces formes de travail, ne les considérant pas comme des forces productives dans l’économie, contrairement au travailleur et au produit.

Le commun n’est pas seulement une ressource, mais également une communauté définie ainsi que des protocoles, des valeurs et des normes adoptés par cette dernière afin de gérer ses ressources. L’atmosphère, les océans, le savoir génétique et la biodiversité sont autant de ressources dont la gestion doit désormais s’inscrire dans le commoning, et ce au plus vite. 

Toujours garder à l’esprit que le commoning se base sur une relation triangulaire entre la ressource, la communauté et les pratiques.

Il n’y a pas de communs sans commoning : les pratiques sociales et les normes de gestion d’une ressource pour le bien commun. Les formes du commoning varient selon les communs puisque l’humanité est elle-même diverse. D’où le fait qu’il n’existe pas un modèle type mais plusieurs modèles qui suivent des principes et des tendances similaires.    

Les communs sont un phénomène global prenant différentes formes et variant selon le contexte.

Si elle n’est pas reconnue comme telle, l’enclosure des communs constitue l’un des plus grands problèmes de notre époque:  l’expropriation et la commercialisation des ressources partagées, généralement au profit du marché privé. L’enclosure peut se manifester dans la brevetabilité du vivant et des gènes, le recours aux droits de propriété intellectuelle pour bloquer la créativité et le développement culturel, la privatisation de l’eau et des terres, ainsi que dans les tentatives de transformer Internet en un marché fermé, gouverné par la propriété.

Les communs traditionnels sont des systèmes à petite échelle, se concentrant principalement sur les ressources naturelles : on estime à deux milliards le nombre d’individus dépendant des communs de forêts, eau, faune et autres ressources pour leurs besoins quotidiens. Actuellement, les commoners luttent pour trouver de nouvelles structures de loi, de forme institutionnelle et de pratique sociale qui permettraient aux différents communs d’évoluer à une plus grande échelle et de protéger leurs ressources de l’enclosure du marché.

“The next big thing will be a lot of small things” (Thomas Lommée, designer).

Une courte animation qui explique le réel fonctionnement des communs

How Does the Commons Work? - The Next System Project

video-thumbnailWatch on YouTube